Nobles et marchands

Publié le par Andrev

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Voici quelques éclaircissements sur les différentes élites et leurs degrés au sein d'une société. Par Plinio Corrêa de Oliveira.

"On ne doit pas oublier, dans cette énumération d'élites, celles qui stimulent la vie économique d'un pays par l'industrie ou le commerce. Ces fonctions sont non seulement licites et dignes, mais notoirement utiles. Ces professions ont toutefois pour but immédiat et caractéristique l'enrichissement de ceux qui les exercent. C'est en s'enrichissant que, par le fait même et comme conséquence collatérale, ces personnes enrichissent la nation. Cela ne suffit pas, en soi, pour leur conférer un caractère de noblesse. Un dévouement spécial au bien commun — notamment à ce qu'il a de plus précieux, l'empreinte chrétienne de la civilisation — est en effet indispensable pour attribuer quelque éclat noble à une élite.

Lorsqu'à la faveur des événements, industriels ou commerçants ont cependant l'occasion de rendre au bien commun des services notables — et chaque fois que ces services ont été effectivement rendus au grave préjudice de leurs intérêts personnels légitimes — cet éclat resplendit sur ceux qui ont exercé, avec une telle élévation d’âme, leur activité commerciale ou industrielle. Mais il y a plus. Si, par une heureuse conjonction de circonstances, un même lignage non noble rend un de ces services au long de plusieurs générations, ce fait peut suffire pour l'élever à la condition noble.

C'est à peu près ce qui se produisit avec la noblesse vénitienne, composée généralement de commerçants. Que cette classe ait accédé à la noblesse, alors qu'elle exerçait le gouvernement de la République Sérénissime et tenait dans ses mains le bien commun le plus grand d'un Etat qu'elle avait élevé au rang de puissance internationale, n'a pas de quoi surprendre. Ceci arriva d'une façon si réelle et authentique que ces commerçants acquirent tout le bon ton de la culture et des manières de la meilleure noblesse militaire et féodale.

D'autres élites traditionnelles se fondent, dès leur origine, sur des capacités et des vertus qui se transmettent de manière évidente par continuité héréditaire, ou par l'ambiance et l'éducation familiales."

tiré de : "Nobreza e elites tradicionais análogas nas Alocuções de Pio XII ao Patriciado e à Nobreza Romana" (Noblesse et élites traditionnelles analogues dans les allocutions de Pie XII au Patriciat et à la Noblesse romaine)

(Editora Civilização, Lisboa, 1993).

Traduit du portugais par Catherine Goyard

1ère édition française : Editions Albatros, 1993.

Cet ouvrage a aussi été publié en italien (Marzorati Editore, Milan), en espagnol (Editorial Fernando III, Madrid) et en anglais (Hamilton Press, Lanham MD, USA)

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