Lezonneg

Publié le par Andrev

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''Le manoir de Lézonnet (XIXème siècle), situé à Etang au Duc. C'est à l'origine une ancienne seigneurie avec un château, propriété successive des familles Coëtlogon (au XIIIème siècle, en 1380, Guillaume Coetlogon en 1480), Le Prestre (en 1518), Perret, sieur de Crolais et sénéchal de Ploërmel (vers 1694) et Cornullier. Propriété de Guillaume de Coëtlogon en 1474, il passe par alliance dans la famille Le Prestre en 1518 suite au mariage de Jacquette de Coëtlogon avec Jean Le Prestre. L'édifice qui datait de 1660 était en ruine au milieu du XIXème siècle. Il a été, depuis, reconstruit et appartient à la famille Pfister (1). De l'époque féodale, il subsiste une tour de guet, une entrée avec les écussons, ainsi qu'une chapelle privée.

"Cette chapelle domestique était dédiée à Saint Cado ou Cador. Moine breton du VIème siècle, il naquit au pays de Galles. Si célèbre, il devint en Bretagne (Angleterre) et en Armorique, au moyen-âge qu’on peut le considérer avec Saint Gildas, comme le plus populaire des saints venus d'outre-Manche, évangéliser notre pays. Des noms de lieux, de personnes (Cado, Cadou, Cadio, Cadieu...), de statues dans nos églises, de sanctuaires, de paroisses rappellent encore nombreux son souvenir. Un moine Irlandais fit l’éducation de Saint Cado. Pour se perfectionner, il va chez les Scots, butine avec ardeur les sciences sacrées et profanes, qui tombaient de la bouche des doctes moines Irlandais, jusqu’à ce qu’il ait acquis, selon l’auteur de sa vie (Rees. Vie de Saint Cadoc, 1853), la somme du savoir de l’Occident. Le zèle apostolique de Saint Cado, recrute en Irlande un grand nombre de disciples entre autres Saint Finnian. Là aussi il se lie d’amitié avec Saint David et surtout Saint Gildas, dont il sera pendant une grande partie de sa vie, le compagnon et le collaborateur assidu. Tous les deux furent apôtres, maîtres, docteurs, thaumaturges, voyageurs, ermites. Voilà nos deux moines qui, partageant la passion de leurs compatriotes moines Bretons et Scots, pour la solitude, quittent l'Irlande, gagnent leur pays natal, afin de mener la vie érémitique. A l’instar encore de leurs frères qui, dans le but de s’isoler davantage du monde, établissent leur asile, leur désert au fond de la forêt sauvage, ou sur les bords de l'Océan, Gildas fixe son ermitage sur l’îlot rocheux de Flatholme, face à la côte sud-est du Glamorgan ; Cado sur l’îlot voisin, également rocheux du Ronec, appelé aujourd’hui Stepholme. Dans les anfractuosités des rochers dormaient jusqu’à minuit les deux ermites. Alors sur la pierre dure, froide et humide ils récitent leurs longues prières. Et quand ils sont transis, grelottants de froid, ils rentrent dans leurs oratoires pour achever leurs oraisons. Leur nourriture est faite de poissons frits, de coquillages, de quelques oeufs d’oiseaux qui cachent leurs nids dans les récifs, et enfin d’herbages. A la vie pénitente et contemplative, Saint Cado unit la vie active : sorti de sa retraite, il fonde le célèbre monastère de Lancarvan, au nord de l’embouchure de la Saverne, dans le voisinage du monastère renommé de Lan-Iltud. Vers 538, des pirates ayant enlevé le nid d’ascète de Saint Gildas, il gagne au pays de l'Armorique, l'île de Houat. Quant à Saint Cado, après sa grande mission en Irlande, sa vie érémitique et sa fondation célèbre en Bretagne, il continue ses pérégrinations saintes en Italie, où à Rome il se prosterne aux genoux du pape Jean III. Puis il visite, dit-on, la Grèce et Jérusalem. Saint Cado nous apparaît comme le type de ces moines Bretons et Irlandais qui s’intitulaient pèlerins insulaires du Christ, pour le salut de leurs frères. Bientôt à huit lieues de Ruys, où Saint Gildas venait d’instituer une célèbre abbaye, arrive Saint Cado dans les lagunes d'Etel. Là il fonde un petit monastère sur un îlot qui a gardé son nom, et où l’on voit encore une antique et vénérable chapelle romane, placée sous le vocable de notre saint. Cependant Saint Cado reçoit en sommeil, l’ordre de retourner en Bretagne. A l'inspiration du ciel Cado obéit, et laisse son monastère sous les ordres de l’abbé Cadwalar. La Bretagne l’avait prêté à des pays étrangers pour la diffusion de l'Évangile. Dieu rendait Cado à sa patrie. Il fut nommé évêque, dit une tradition, et il serait mort martyr, lors de l’invasion anglo-saxonne vers 570. Saint Cado est invoqué comme guérisseur des humeurs froides.

"A cause de son nom synonyme de combattant, les guerriers et les lutteurs de la Bretagne armoricaine, l’ont choisi pour leur patron. Avant et après le combat, ils aimaient à faire entendre un chant en l’honneur de Saint Cado. M. de la Villemarqué a recueilli de la bouche d’un aveugle Guillarm de Plounevez-Quintin, la chanson bretonne sur le combat des Trente (Barzaz-Breiz, I, p. 195 et seq.). C’est d’abord la prière et le voeu des chevaliers avant la bataille : « Seigneur Saint Cado, notre patron, donnez-nous force et courage, afin qu’aujourd’hui nous vainquions les ennemis de la Bretagne. Si nous revenons du combat, nous vous ferons don d’une ceinture et d’une cotte d’or, d’une épée et d’un manteau bleu comme le ciel. Et chacun dira en vous regardant " O Seigneur Saint Cado bénit, au paradis comme sur terre, Saint Cado n’a pas son pareil " ». Voici la bataille en quelques traits énergiques : « Les coups tombent aussi rapides que les marteaux sur les enclumes .. Aussi déchiquetées étaient les armes, que les haillons des mendiants, aussi sauvages les cris des chevaliers dans la mêlée, que la voix de la grande mer... ». C’est enfin le glorieux triomphe où apparaît Saint Cado : « Il n’eut pas été l’ami des Bretons, celui qui n’eut point applaudi dans la ville de Josselin, en voyant les nôtres revenir vainqueurs, des fleurs de genêts à leurs casques! ». « Il n’eût pas été l’ami des Bretons ni des saints de Bretagne non plus, celui qui n’eut pas béni Saint Cado, patron des guerriers du pays, qui n’eut point admiré, point applaudi, point chanté : " au Paradis comme sur terre, Saint Cado n’a point son pareil ! " ». Mais ici une question se pose : « Pourquoi ses compatriotes ont-ils donné à Saint Cado le nom de combattant ? N’est-ce pas parce que, à l’exemple des moines bretons, il aurait engagé ses compatriotes, à lutter contre l’envahisseur anglo-saxon jusqu’à la mort ? On s’explique aisément dès lors, que Saint Cado ait péri dans une attaque furieuse de ces Germains ».

"Lorsqu’en 1920, je visitai la chapelle de Saint-Cado dans l’ancien manoir de Lézonnet, je trouvai une vaste porte d’entrée à deux battants égaux. Surmontée une fenêtre en anse de panier, cette baie servait à éclairer une tribune assez bien conservée et bordée d’une balustrade à gros barreaux. Au midi, une petite porte d’entrée dominée par une fenêtre romane, projetait la lumière sur l’autel. Les ouvertures permettaient de juger de l’épaisseur considérable des murailles. Au-dessus de l’autel, quelques restes d’une voûte en bois, et çà et là des vestiges de boiseries murales s’élevant du parvis à la voûte. Des fragments de dallage en pierres vertes taillées en losange dans l’intérieur de la chapelle et à la sacristie. Enfin au milieu de délabrements et de ruines, ce qui fut probablement la statue de Saint Cado. La chapelle était transformée en grenier à fourrage (...) An nord-est du village, près de l'Etang-au-Duc, est la fontaine de la chapelle, dans un endroit marécageux appelé pour cette cause : le Bouillon (endroit boueux) Cado. Je serais porté à croire que, avant l’érection de la terre de Lézonnet en fief détaché de la vicomté de Loyat, un seigneur de Loyat bâtit la chapelle de Lézonnet en l’honneur de Saint Cado, en souvenir des relations qui existaient entre plusieurs des 30 anciens combattants bretons et les vicomtes de Loyat : Olivier de Fontenay, vicomte de Loyat, était probablement l’ancien combattant des Trente ; Robert de Beaumanoir, vicomte de Loyat, était le neveu de Jean de Beaumanoir, chef des trente bretons ; sa femme Agathe de Tinténiac était la parente des deux de Tinténiac, combattants bretons (P. Martin). A l'intérieur de la chapelle subsiste une tribune''. in infobretagne.com

Le culte important à sainte Anne, dans la trève de Loyat, laisserait penser qu'une autre famille est à l'origine du fief de Lézonnet: les Bodégat, issus de Coëtlogon et connus pour leur dévotion à sainte Anne, et qui donnèrent Caro, l'un des héros du Combat des Trente. Les Bodégat avaient leur fief d'origine dans la paroisse voisine de Mohon, puis se déplacèrent non loin de là, à Ménéac, où là se trouve la chapelle sainte Anne en leur domaine de la Riaye. En regardant le blason récent des Lézonnet (1426), on peut penser qu'il s'agit d'un alliage entre anciens Lézonnet et les Coëtlogon-Bodégat. L'ancien blason des Lézonnet semble avoir persisté dans la branche d'Augan, chez les "Lésennet" (de sable à trois coquilles ou croisettes). En 1498, Guillaume de Coëtlogon de "Lezonet" était "sieur de Quallo", en Mohon (armorial de Vaumeloisel), où aussi le manoir de Coetnehan appartint aux "Lézennet". A Mohon existait une chapelle Saint-Clair, comme à Loyat.

cf infobretagne.com Mohon, Ménéac et Loyat

(1) Le domaine appartient désormais à un Kerautem

Que veut dire "Lezonneg" ?

Il se décompose ainsi, selon la philologie bretonne :

  • lez : désigne un lieu noble, auquel se rattache un nom de famille ou un qualificatif naturel. Les lez sont très nombreux dans la toponymie qui couvrit la péninsule armorique après l’installation des Bretons dès la fin du IVe siècle ap. J.C.

  • onneg : ce mot désigne une plantation de frênes, soit une fresnaye, qui devait caractériser le lieu à l’époque où un prince breton s’y installa. Variante: onnet. Onnet se rencontre aussi sans lez, comme prénom.

La famille de Lézonnet

Le nom du lieu noble Lézonnet, sis en Loyat, tout près de Ploërmel, ancien évêché de Saint-Malo, s'écrirait « Lezonneg » en breton moderne. L’ancienne petite trêve paroissiale de Loyat est d’ailleurs très dense en toponymes d’origine brittophone, et l’on a dû continuer à y parler la langue celtique assez longtemps. La famille elle-même « de Lézonnet » est très ancienne selon les armoriaux - dont certains donnent la forme ''Lysenech'' (du nom de l'archevêque de Dol), mais on en ignore l’origine, car ses archives auraient disparu au cours des guerres. Elle se fondit dès le XVe siècle en Coetlogon, mais une branche cadette garda le nom et le perpétua plus longtemps en la paroisse non éloignée d’Augan (château de Lémo, et de nombreuses autres terres) ; c’est en Augan également, ainsi que dans les paroisses voisines (Réminiac, Guer…) que la famille de la Fresnaye eut de nombreuses possessions. Il semble bien alors que ces deux familles, Lezonnet et Fresnaye, aient une origine commune, la branche « Fresnaye » étant opéré une probable francisation de son patronyme, tel qu’il fut de mode dans les familles nobles bretonnes à partir des XV-XVIe siècles, soit après le rattachement politique de la Bretagne à la couronne de France. Dès lors, il est possible aussi qu’un sieur Macé ait épousé une damoiselle de Lézonnet, celle-ci lui apportant en dote son manoir de Réminiac.

blason des Bodégat; armorial Vaumeloisel: "Vidi le sceau de Jan de Bodégat, de l'an 1385 (ou 1335) qui estoit: Un chevron et 3 besans, 2 en chef, 1 en pointe, chaque besan chargé d'une hermine"

blason des Bodégat; armorial Vaumeloisel: "Vidi le sceau de Jan de Bodégat, de l'an 1385 (ou 1335) qui estoit: Un chevron et 3 besans, 2 en chef, 1 en pointe, chaque besan chargé d'une hermine"

de la Fresnaye (Louis de Coetuhan)

de la Fresnaye (Louis de Coetuhan)

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