Les toiliers Macé

Publié le par Andrev

Si dans notre famille et entre ses différentes ramifications, il y a des quelques disparités et quelques "chaînons manquants" - il y a cependant une multitude d'indices qui permettent de relier les uns aux autres sans trop se tromper. Entre les Macé de la Fresnaye, les Lézonnet, ceux de la Rabinais, ou encore de la Gravelais ou de la Villéon, l'un des indices les plus forts est celui que tous se tournent vers le commerce, au tournant du XVe siècle, et pas n'importe quel commerce: celui de la toile (lin & chanvre), et plus généralement, un lien plus ou moins étroit avec la capitale de ce commerce: Saint-Malo. Cet indice suppose aussi que les différentes branches d'une souche commune semblaient continuer de se fréquenter, du moins de vouloir perpétuer une union s'incarnant dans des métiers précis, une corporation s’immisçant fortement dans les affaires d'un pays et lui procurant une plus grande aisance économique et sociale. Par ailleurs, il est dommage que les capitaux de Saint-Malo soient restés trop souvent dans les coffres de ses marchands et qu'une grande partie aient été dilapidée pour les mauvaises guerres de Louis XIV: mais que pouvait une Bretagne qui ne maîtrisait plus ses destinées?

Pensons par exemple à Yves Macé, sieur de la Croix et de la Gravelais, dont le fils Claude devint seigneur de la Rabinais. C'est à la même époque que mon aïeul Jacques Macé, sieur du Puits, eut un fils qui se dénommait "sieur de la Rabinais": ne sachant pas le lien de parenté entre nos Yves et Jacques, l'indice de la Rabinais est bien-sûr précieux, mais aussi celui d'activités semblables entre elles. En effet, on sait que Claude Macé, fils d'Yves, s'est marié avec la fille d'une famille d'armateurs-capitaines - les Onfroy - et que ses nombreux fils, nés à Saint-Malo, ont produit des officiers de marine marchande et des corsaires; de l'autre côté, où se trouve mon aïeul André Macé de la Rabinais, on sait de celui-ci qu'il était marchand de draps de soie, à Saint-Malo et Rennes, donc en lien étroit avec le négoce maritime et ses capitaines. Curieusement, au contraire de ma branche, les descendants de Claude n'ont pas gardé le nom de la Rabinais, qui, finalement, n'apparaît que pour lui dans l'armorial d'Hozier.

Autre branche: les Macé de la Fresnaye, parmi lesquels on compte nombre d'alliances et d'activités se rapprochant de celles des cadets Macé (de la Rabinais, de la Villéon...). On a par exemple Louise, fille de Pierre Macé de la Fresnaye et Guyonne de la Voüe, qui se maria le 6 Janvier 1669 à Nicolas Mellet, seigneur de Mivoie, d'une famille d'arpenteurs de la mer malouins; autre exemple, celui de François Macé de la Fresnaye qui épousa Jeanne Carluer (de la Villeneuve du Rumedon), de Lannion dans le Trégor, assez éloigné pourtant du Porhoët Malouin dont François est issu, mais l'une des places fortes du commerce de la toile. Un autre François de la Fresnaye, chevalier seigneur de la Chasserie, âgé de 25 ans en 1710, était de la paroisse de Châtillon-sur-Seiche quand il se maria, où l'on trouvait d'importantes manufactures de toiles à voile; il épousa de plus, en secondes noces, une demoiselle de Messac, dans ce pays autour de Redon que les Macé fréquentent de longue date et jusque tard dans les siècles, tel mon aïeul Joachim Nicolas Macé de la Rabinais installé à Brain-sur-Vilaine au XIXe siècle: Redon, encore une plaque tournante du commerce de la toile, où une branche cadette des Macé de la Fresnaye (Olivier, Yves) s'établit dès le XVIe siècle. En outre, est-ce le même François de la Fresnaye que je trouve mentionné en 1740 comme marchand de drap en la paroisse d'Uzel, autre haut-lieu de la toile bretonne? On trouve aussi une lignée "de la Fresnaye" en Languenan, aux XVII-XVIIIe: Languenan est une paroisse malouine jouxtant celle de Pleurtuit, où étaient établis les Macé de la Rabinais dès le début du XVIIe siècle.

Bref, une famille à l'échelle de la Bretagne et à la mesure de ses développements à l'intérieur comme sur les mers. Une famille, qui si elle semble s'affilier à la maison de Porhoët, et donc aux migrations bretonnes transmarinus des premiers siècles de notre ère, renouait avec la mer.

Les toiliers Macé

Commenter cet article

cheap dedicated server hosting usa 01/08/2017 05:22

Once in Los Angeles he studied beneath the fabulous Stella Adler plus mood mime Jeff Corey.