Evolution des noms de famille
Penaos eo bet o kemmañ an anvioù kenedl
Les noms de famille et leur évolution
Diwar "Histoire de Lannion" P. de la Haye 1974
"On peut observer que les noms de famille présentent une nouvelle forme (au XVIe siècle, soit l'époque de la naissance de branche notre Macé à partir du tronc de la Fresnaye); beaucoup d'entre eux comportent les particules "de, de, de la, des". Ce phénomène qui s'amplifiera au XVII mérite une brève explication. A l'origine, on voit surtout des noms indididuels (…), rarement des noms individuels complétés d'un surnom pouvant se rapporter à une fonction, à un état (Alain Le Clerc) ou à une origine géographique (Penvern, Tréguier…). Puis, pour différencier les gens les uns des autres, pour personnaliser les nombreux Thomas, Alain, Hamon (…) s'ajoutent tout naturellement aux noms individuels des noms collectifs de famille. Ces noms collectifs sont tirés d'un nom individuel répété dans une même famille (Prigent, Hervé, Terry…); d'un métier ou d'une spécialisation (Le Canaber, Le Goff); d'un trait physique (Le Scouarnec…); d'une qualité morale (Calonnec), d'une possession (Chesnaye). Dans un cadre assez restreint comme une ville close, la multiplicité des branches d'une famille locale ancienne contraint vite à les distinguer les unes des autres (surtout si dans ces branches, il y a des gens qui exercent des responsabilités) par un troisième nom, généralement celui d'une terre. Cette terre, propriété de l'auteur de chaque branches ou acquise par lui ou transmise par sa femme ou venue en héritage de son père ou de sa mère, n'est pas nésessairement une seigneurie ni un bien important. Ce nom de terre (Droniou de Kerroux, Le Bigot de Runabeler, Macé de la Rabinais) n'indique donc par particulièrement la noblesse ni la richesse. Il est seulement la preuve d'une origine lointaine et d'un milieu social qui joue un rôle. Par simplification et pour personnifier, une fois de plus, les rameaux d'une même famille, on en arrive à inverser l'ordre des noms jusque là établi. Celui de la terre devient le premier et le patronyme divient le second (de la Gravelaye Macé). Ce ne sera que plus tard, surtout au XVIIIe siècle, que certaines familles d'implantation locale plus récente ou d'extraction plus obscure chercheront, par l'adjonction d'un nom de terre, à donner l'illusion d'une extraction ancienne qu'elles ne possèdent pas.
Si ces usages ont leur raison d'être, ils n'entraînent pas moins quelque complexité, notamment pour qui cherche à déterminer l'identité d'une personne ou à établir des filiations. Aussi la création de l'état-civil par la Révolution y a-t-elle mis fin tout en consacrant la possession des noms de terre acquis antérieurement. Ces noms sont désormais liés aux patronymes, même si la famille ne possède plus la terre dont elle porte le nom."
