Breizh - Amerika

Publié le par G.G.M.

Bretagne / Amérique : bretanas, quintines et autres ponidivi, ou les toiles du Trégor, Quintin et Pontivy...

Publicité

Pour comprendre la place de Saint-Malo dans l'Europe des XVI, XVII et XVIIIe siècles, et du même coup la vocation et la prospérité économiques de la Bretagne à cette époque, dans lesquels notre famille était impliquée étroitement, il faut lire l'ouvrage en deux tomes d'André Lespagnol: "Messieurs de Saint-Malo, une élite négociante au temps de Louis XIV". Passant d'interminables passages réservés aux économistes chevronnés, je vous  livre ces quelques extraits de la page 428 (premier tome !), où, après avoir parcouru les pages non moins passionnantes sur la pêche à la morue ou encore sur la "course" qui en découla (corsaires & Cie), on aborde l'importance du travail de la toile en Bretagne, ainsi qu'à Laval et Rouen, importance organique à l'échelon de toute la péninsule bretonne et importance transocéanique qui reliait celle-ci au continent sud-américain, via l'Andalousie.

"C'est une percée - quantitative et qualitative - sur les prestigieux marchés américains qui fait de la toile - française et bretonne - un "personnage historique" de premier plan, encore insuffisamment reconnu. Un lien presque invisible, osons dire un fil, ténu mais solide, reliait ainsi, depuis le milieu du XVIe siècle, le travail des artisans des campagnes bretonnes ou normandes à celui des mineurs indiens du "Cerro" du Potosi ou de Zacatecas, (...) les fines "bretagnes" ou "fleurets" qu'achetaient à prix d'or (ou plutôt d'argent) les élites créoles de Lima ou Mexico (...)

"Les marchands malouins ont su, avec quelques autres (...) "saisir ce fil", et le tenir solidement pendant près de trois siècles (...) La première forme du contrôle des Malouins sur la toile exportée vers l'Espagne (...) était d'ordre technique: ils assuraient le transport (maritime) du plus gros de ce flux toilier acheminé vers Cadix (...) Les "flottes d'Espagne" expédiées de Saint-Malo étaient d'abord des "flottes de la toile", acheminant vers le port andalou le plus gros de cet énorme flux toilier émanant des manufactures du tiers nord-ouest du royaume."

 

à lire aussi:

XVIIe-XVIIIe siècles. La manufacture des toiles bretagnes

La route du lin

Ce qui me chiffonne dans beaucoup d'articles sur le sujet, c'est que l'on évoque la fin de l'épopée de la toile en Bretagne presque comme une faute de notre pays qui n'a pas voulu s'industrialiser mais garder une économie raisonnable, chose qu'il n'a pu faire finalement, livré qu'il fut à la vindicte du capitalisme et du libéralisme, sans parler du matérialisme et bien d'autres maux... Mais comment a réagi notre famille devant ce désastre? Je crois qu'en en voit aujourd'hui quelques séquelles!

 

Breizh - Amerika
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article